Tiny House : le micro-habitat écologique

Résumé : La ville de Rezé, en Loire-Atlantique, près de Nantes, va accueillir le premier village français de tiny houses d’ici fin 2020. Ces micro-maisons, sur roues ou fondation, sont la nouvelle tendance d’habitat alternatif. Décryptage d’un mouvement social et architectural qui a le vent en poupe.

Le premier village de « tiny-houses » français

Il existe désormais des quartiers de tiny houses, comme la ville de Rezé qui lance le premier village en France. L’objectif d’ici 2020 est de construire trois à six tiny houses sur un terrain de la commune d’une surface de 6 000 m² aménagé, pour une durée de dix ans maximum. La ville a lancé un AMI (Appel à Manifestation d’Intérêt) : le futur habitant doit constituer un dossier pour participer. Seules les micro-maisons construites par des professionnels seront autorisées, celles qui sont auto-construites ne seront pas acceptées. Les futurs résidents devront payer une petite taxe d’habitation. Les candidats ont jusqu’au 30 septembre pour se présenter !

Le concept de la « tiny house »

Le mouvement Tiny House, de l’anglais “tiny” qui signifie petit/minuscule et de “house” qui signifie maison, nous vient tout droit des Etats-Unis suite à l’ouragan Katrina survenu en Nouvelle-Orléans en 2005 puis à la crise immobilière en 2008. Jay Shafer et Gregory Johnson sont les fondateurs du concept de mini maison sur roues en 2002. Certains diront que la tiny house est américaine, d’autres qu’elle est française ; Le Corbusier en serait l’inventeur originel. Le cabanon construit en 1952 pour sa femme ressemble à s’y méprendre à une tiny house. Construit de ses mains, il l’avait appelé son “château”.

Cabanon Le Corbusier

À présent, ce mouvement est en pleine phase de croissance dans le monde entier. À la fois social et architectural, il prône la simplicité d’une petite maison, comprenant le strict nécessaire mais assurant le plus grand confort possible.

Tiny House sur rouesLes tiny houses peuvent être sur roues ou fondation. Les tiny houses mobiles sont posées sur des remorques pour gabarit routier.  Elles peuvent donc se tracter facilement parr une camionnette et ne nécessitent pas un permis routier en particulier (ni de permis de construire, d’ailleurs). Celles qui sont sur fondation sont souvent posées sur des terrains familiaux locatifs. De nombreux Américains habitant dans une micro-maison l’ont, par exemple, installé celle-ci dans le jardin privé des parents ou des grands-parents.

L’idée centrale est d’offrir un petit espace de vie simple et pratique. En effet, les tiny houses ont une surface comprise entre 10 m² et 45m² – presque plus grand qu’un studio parisien à 600 euros par mois. Il faut compter seulement entre 15 000 et environ 30 000 euros pour une tiny house. Alors pourquoi payer un tel loyer pour à peine 20m² dans Paris lorsque l’on peut s’offrir une telle maisonnée ?

Un micro-habitat écologique

La micro-maison permet véritablement de profiter de l’extérieur et des grands paysages qu’offre la nature. Car oui, outre l’aspect économique, la tiny house est aussi écologique ! Son espace réduit lui permet d’être bien moins énergivore qu’une grande maison. Le mouvement s’inscrit dans une ère sociétale qui se veut de plus en plus écologique, respectueuse de son environnement, à contre-courant des vagues de consommation et de capitalisme. Étrange que ces micro-maisons soient apparues dans un pays qui a la folie des grandeurs…

Elles ont donc un impact léger sur l’environnement d’une part grâce à leur espace réduit, qui incite l’habitant à réduire lui aussi ses habitudes de consommation énergétique, et d’autre part grâce aux matériaux utilisés :

  • bois
  • acier
  • MÉTISSE (isolant à base de coton recyclé), etc.

Ils sont tous recyclés ou récupérés. De plus, les maisons sont souvent construites par des filières locales ou par le futur habitant lui-même : un circuit court pour une architecture locale et durable ! Les tiny houses peuvent même être complètement autonomes puisque l’on peut désormais les habiller de panneaux solaires et d’un système de récupération de l’eau pluie. À la fois intelligente et fonctionnelle, la tiny house optimise l’espace tout en donnant à ses habitants le maximum de confort possible.

Intérieur Tiny House

La tiny house : un système alternatif

Avec tant d’avantages, et encore peu d’adeptes, y aurait-il baleine sous gravillon ? Tout d’abord, les micro-maisons ne sont pas adaptées à toutes les familles nombreuses : bébé, jumeaux et autres bambins ne peuvent y résider. Oubliez la chasse d’eau : ici c’est toilettes sèches toute l’année ! De plus, les tiny houses n’ont pas encore de définition spécifique dans le code de l’urbanisme en ce que le mouvement commence seulement à éclore. Pour le moment, les tiny houses répondent aux codes de la loi ALUR (Accès au Logement et à un Urbanisme Rénové) de 2014, aux côtés de leurs voisines les yourtes, tipi et autres habitations démontables. Plus d’informations ici. Le vide juridique concernant les tiny houses pourrait bien être comblé et ne pas plaire à tous les habitants. 

Les tiny houses restent néanmoins un habitat abordable, transportable, confortable, et écologique. Et elles ne sont pas seulement un mouvement à la mode : elles pourraient bien répondre à des problématiques de logement d’ici quelques années comme l’hébergement d’urgence ou l’hébergement touristique. Par exemple, il coûterait à moyen terme moins cher de loger des migrants dans des tiny-houses plutôt que de louer des chambres d’hôtel – une pratique onéreuse et peu décente.

Alors, prêt à sauter le pas ?

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