Un déménagement, qu’il soit motivé pour des raisons personnelles ou professionnelles, n’est jamais anodin, d’où l’intérêt de faire appel à des professionnels qualifiés. En outre, si vous envisagez de déménager d’ici peu – comme environ 3 millions de ménages français chaque année – il est intéressant de connaître les tenants et aboutissants de ce secteur.

La réalité derrière un code NAF


En France, le secteur des déménageurs professionnels a reçu le code d’activité principale exercée (APE) 4942Z, et il englobe bien sûr les services de déménagement par route – qu’ils soient à destination des entreprises ou des particuliers – mais également les garde-meubles et « la livraison de meubles et d’équipements ménagers avec déballage ou installation ».

Des entreprises aux profils divers


En 2019, 2732 sociétés appartiennent au secteur du déménagement  – avec des profils très variés. Dans plus de 75% des cas, les acteurs sont des TPE – avec, en leur sein, moins de 20 employés – et qui n’ont aucune affiliation, ni envers un GIE, ni une quelconque enseigne.

Pour autant, certaines entreprises ont pris une ampleur significative, avec plusieurs centaines de salariés et des chiffres d’affaire avoisinant les 40 millions d’euros. Parmi ces big players, et sans prétendre aucunement à l’exhaustivité, l’on peut citer Bovis Transports, Crown Worldwide SAS, Déménagements Labor, ou bien encore Guigard et Associés, Interdean, et sans oublier la SOFDI (Société Française de Déménagement International), ou Raoult Grospiron International.

Un cadre légal strict

En matière de réglementation, la loi du 30 décembre 1982 a fixé le cadre du transport routier de marchandises – qui s’applique directement aux acteurs du secteur du déménagement – afin d’accroître la compétitivité des entreprises françaises sans compromettre les exigences élevées en matière de sécurité.

Outre des critères stricts sur les temps de travail et les masses transportables en fonction véhicules – avec une attestation de capacité professionnelle obligatoire pour les conducteurs de véhicules au PMAC de plus de 3,5 tonnes, notamment – tous les déménageurs se doivent de s’inscrire auprès des DRE (Directions Régionales de l’Equipement) dans le registre des transporteurs. De plus, les certifications ISO et la marque NF sont très recherchées.

Soulignons enfin que plus une société utilise de véhicules, et plus ses capitaux propres doivent être importants, afin de respecter une exigence légale en matière de capacité financière.

Un secteur dynamique, et en évolution


Près du dixième des ménages français déménagent au cours d’une année, et s’ils sont encore plus des deux tiers à préférer le faire d’eux-mêmes, le recours à un professionnel ne cesse de croître. En effet, les personnes de moins de 35 ans, notamment, sont beaucoup plus réceptives aux avantages – en termes de temps gagné, de distance, de volume, et d’efforts économisés – que les précédentes générations.

Les moins de 35 ans se tournent plus volontiers que leurs ainées vers un déménageur

Il est intéressant de noter qu’une tendance forte se dessine liant l’âge des clients avec leur destination ; les moins de 30 ans quittent la province pour Paris alors que les plus de 40 ans font le trajet inverse.

Un marché en croissance forte

Au cours des trois dernières années, le chiffre d’affaires consolidé de toutes les entreprises regroupées sous le code APE 4942Z a enregistré des progressions de près de 3%. Ce résultat est d’autant plus remarquable que le secteur s’est rapidement remis de la crise économique, financière – mais aussi immobilière – des années 2008-2009.

En effet, il aura suffi d’à peine 5 ans pour dépasser la performance de 2007, et les années 2014-2016 ont connu des taux de croissance remarquables, atteignant parfois 8%.
Chez nos voisins européens, le recours aux déménageurs est beaucoup plus répandu qu’en France, il reste donc des perspectives de croissance.

Un secteur en transformation

Le marché connait actuellement de profondes mutations, notamment liées à la poursuite de la révolution digitale. L’Internet n’est évidemment plus une nouveauté, mais il continue de générer sans cesse de nouveaux usages, bouleversant ainsi l’ordre que l’on pensait précédemment établi. Dans le cas qui nous intéresse ici, les comparateurs de sociétés de déménagement ont fleuri, permettant de mettre en concurrence les offres des acteurs à proximité du client, de même que les plateformes visant à optimiser les déplacements, afin que l’entreprise puisse facturer uniquement l’aller simple.

Vers une ubérisation du métier ?

Parmi les autres changements significatifs, le fait que le client puisse désormais sélectionner une prestation personnalisée se révèle majeur, de même que l’impact de l’économie « collaborative ».

Bien que la plupart des personnes font appel à des professionnels, d’autres font appel à des particuliers. Cette alternative est plus économique.

Il est aussi possible de louer un utilitaire à un particulier (ou à une agence de location traditionnelle), et pour l’anecdote, les citadins (sportifs – du moins, espérons-le pour eux) peuvent utiliser … un vélo !

De nombreuses start-up, à l’image de Jemoove, proposent des services de mise en relations de particuliers pour déménager sans faire appel à des professionnels. Ce service est basé sur l’entraide et la convivialité.

Le site MOVEZY permettait à ses clients de rémunérer les participants à l’aide de virements, apéritifs, ou ticket restaurant…

En toute objectivité, nous manquons encore de recul pour juger véritablement du niveau qualitatif de ces acteurs « 2.0 », mais leurs taux de croissance annuels supérieurs à 20% doivent retenir l’attention. N’étant pas soumis aux mêmes obligations et aux mêmes charges que les entreprises classiques de déménagement, ces particuliers pourraient constituer une forme de concurrence déloyale.

Un secteur en phase de concentration

En règle générale, l’apparition de nouveaux acteurs conduit les prix à la baisse, et in fine à la faillite des entreprises préexistantes les plus fragiles. Nous constatons actuellement que le marché du déménagement se concentre, et que les plus petites entités ne parvenant pas à s’adapter suffisamment disparaissent ou sont rachetées.

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