Le leasing automobile est il un obstacle aux ambitions climatiques ?

En Décembre dernier, 75 dirigeants de tous les continents ont présenté leurs engagements et leurs plans pour inverser le changement climatique. Cette réunion a montré l’importance des actions urgentes nécessaires en amont de la conférence des Nations unies sur le climat, la COP 26, à Glasgow en novembre prochain. Pour des raisons de sécurité sanitaire, la COP 26 qui devait avoir lieu en Ecosse en Novembre 2020 a été annulée et se tiendra finalement du 1er au 12 novembre 2021. Avant le sommet de novembre, les différents intervenants ont révélé leur plan pour devenir neutre en carbone d’ici à 2050.

Plus de moteur à essence ou diesel à l’horizon 2030

Pour ne citer que lui, le Premier ministre Boris Johnson a précisé l’intention de mettre fin aux ventes de nouvelles voitures à essence et diesel d’ici 2030 et de les remplacer par des véhicules 100 % zéro émission. Bien qu’il s’agisse d’une bonne première étape dans la réduction des émissions de l’industrie automobile, ce ne sera pas la réponse à tous les problèmes. Outre le remplacement des voitures à essence et diesel par des véhicules à émissions nulles, il est nécessaire de modifier les schémas commerciaux et les habitudes de consommation de l’industrie. Pour nous rapprocher de notre objectif de neutralité carbone, nous devons non seulement passer aux véhicules à émissions nulles, mais aussi fabriquer moins de voitures en général. Le processus de fabrication contribue pour environ 40 % à l’empreinte carbone d’un véhicule.

Le leasing automobile une offre qui booste les ventes automobiles

Les concessionnaires automobiles encouragent et incitent principalement à acheter des véhicules neufs plutôt que des véhicules d’occasion, ce qui stimule l’industrie automobile et profite à leur activité. Pour rendre l’achat d’une nouvelle voiture plus attrayant et plus facile, les concessionnaires proposent divers programmes qui rendent l’acquisition d’un nouveau véhicule plus accessible financièrement. L’une des offres les plus attrayantes de ce type est le contrat de location avec option d’achat (LOA). Le principe de la LOA est d’utiliser une voiture, la plupart du temps neuve moyennant un loyer à la société de crédit qui a financé le contrat de location. L’idée pour le particulier étant de pouvoir au terme de son contrat acquérir le véhicule ou démarrer une nouvelle location sur un nouveau véhicule neuf. 

Les avantages de la LOA pour les particuliers et pour les concessionnaires 

L’avantage principal pour le particulier est qu’il peut conduire un véhicule neuf sans avoir à débourser d’apport, et le montant mensuel (et fixe) qu’il accepte de débourser va décider du type de véhicule qu’il pourra choisir dans le cadre de sa LOA.

Les avantages pour les concessionnaires automobiles sont que les programmes LOA les aident à obtenir de nouveaux clients – puisque les paiements mensuels sont plus faciles à gérer – et les aident également à conserver leurs clients. La majorité des acheteurs choisissent l’acquisition d’une nouvelle voiture dans le cadre d’un nouveau contrat LOA plutôt que de payer une somme importante pour conserver la voiture, ce qui garantit aux concessionnaires une nouvelle activité tous les trois ou quatre ans. En outre, les concessionnaires récupèrent les voitures en bon état après quelques années seulement, ce qui les rend faciles à revendre. L’intérêt du concessionnaire est bien entendu de proposer un nouveau contrat de LOA, le principal argument étant financier puisqu’ainsi, le particulier n’a pas à payer le montant, souvent conséquent, pour acquérir le véhicule en fin de contrat. L’attrait du neuf, de la technologie qui évolue, des habitacles plus confortables et plus sécurisés, le petit dernier qui est né dans le laps de temps et le fait qu’en 4 ans le véhicule a perdu de sa valeur nette, font que la plupart du temps, le particulier choisit de ‘perdre ses droits’ sur le véhicule qu’il loue depuis 4 ans et opte pour un nouveau contrat de leasing.

L’incidence carbone de la production automobile 

Environ 40 % de l’empreinte carbone d’une voiture provient du processus de fabrication (ce chiffre est basé sur l’empreinte de sa consommation de carburant comparée à l’empreinte de sa fabrication). Il est bien sûr extrêmement complexe de calculer l’empreinte carbone d’une nouvelle voiture, car il existe une infinité de sous-traitants participant à la chaîne de production. L’empreinte carbone est donc souvent basée sur l’analyse des économistes, qui quantifient la chaîne d’approvisionnement en calculant la dépendance de chaque industrie vis-à-vis des produits d’autres industries. 

Ces calculs et ces analyses dépendent bien sûr du kilométrage du véhicule au bout de X années d’utilisation. Ainsi, la mise sur le marché de véhicules moins polluants n’a d’incidence carbone positive que s’ils roulent… Cela peut paraitre contradictoire, mais l’explication est simple, choisir de remplacer son véhicule tous les 4 ans en prétextant qu’en 4 ans, les nouveaux modèles sont moins polluants n’a de sens que si l’économie carbone réalisée en roulant pendant 4 ans avec le nouveau véhicule couvre la consommation carbone pour le fabriquer… CQFD !

Des voitures plus petites, moins de voitures, des voitures électriques

Un particulier passant d’une grosse voiture à une voiture plus petite, ferait une économie de CO2 beaucoup plus importante. À titre de comparaison, les émissions de CO2 d’un Land Rover Discovery (diesel) sont de 270 g/km, de sorte que les économies de CO2 réalisées en passant à un véhicule à faibles émissions couvriraient les émissions de CO2 de la fabrication cinq fois plus vite (avec toujours cette notion de kilomètres parcourus soit ici quelques 65.000 km pour couvrir l’empreinte carbone de production).

Inutile d’être un expert en environnement pour le comprendre, rouler avec des véhicules moins polluants, conserver son véhicule tant qu’il est fiable et ne pas changer de véhicule aussi souvent que les programmes de LOA ne l’encourage est une bonne pratique pour diminuer son empreinte carbone. Une personne qui roule peu, voir très peu, et qui décide de remplacer son véhicule, même si c’est au profit d’un véhicule 100% électrique qui ne produit aucune émission carbone, devrait garder à l’esprit l’empreinte carbone de fabrication de ce nouveau véhicule. 

Qu’en est-il des programmes de LOA sur des véhicules de seconde main ?

La réponse écologique pourrait venir de Solution originales comme celle proposée par CARINVEST Europe qui propose des programmes de LOA sur des véhicules de seconde main, c’est du gagnant-gagnant puisque l’empreinte carbone liée à la production du véhicule est déjà ‘absorbée’ toute ou partie par sa première vie d’utilisation, et que le contrat de LOA proposé dès lors devient du bonus environnemental pour la durée de vie supplémentaire accordée au véhicule. De plus, ces véhicules mis sur le marché sont (relativement) récents et restent largement moins polluants que les véhicules qu’ils viennent remplacer.

Comme nous l’avons vu, les programmes LOA sont irresponsables d’un point de vue environnemental, d’autant plus que les voitures ne sont pas significativement plus performantes d’année en année. Il n’est donc pas justifié, d’un point de vue environnemental, d’acheter une nouvelle voiture aussi souvent que ces programmes l’encouragent, mais comme nous l’avons souligné, la LOA de seconde main est un joli début de réponse. 

Pour en revenir à l’arrêt de la vente de voitures à essence et diesel à partir de 2030, suggéré par le gouvernement britannique, cela encouragera la transition vers les véhicules électriques et améliorera la qualité de l’air tout en réduisant les émissions de carbone.