Les challenges de la région Île-de-France pour réduire son empreinte carbone

Avec les nombreux nouveaux projets immobiliers en cours de réalisations et respectueux des mesures européennes en matière de développement durable et une série d’initiatives pour rendre les bâtiments existants plus respectueux de l’environnement, Paris met tout en œuvre pour devenir une ville « eco-friendly ».

La forte croissance démographie en région parisienne et ses enjeux écologiques

Paris reste l’une des villes les plus densément peuplées d’Europe, la densité de population intra-muros dans Paris a atteint un niveau record avec plus de 20.000 habitants au km², ce qui place Paris juste au-dessus de certaines grandes villes mondiales d’Amérique et d’Asie.

Selon les prévisions de l’INSEE, l’Île-de-France comptera en 2030 12,4 millions d’habitants.

Cette forte densité de population s’accompagne malheureusement de records de pollution en raison du trafic automobile, mais aussi en raison des émissions des bâtiments et de la vie urbaine moderne.

Conscients que les villes sont en première ligne face aux dérèglements du climat, la ville de Paris a initié il y a plus de 10 ans, un Plan Climat Énergie Territorial (PCET), prônant « une politique de développement durable qui a pour objectif d’intégrer l’enjeu de lutte contre le changement climatique dans la plupart des domaines d’action de la Ville, et de créer une véritable dynamique de démocratie participative, pour que tous les acteurs du territoire engagent leur transition écologique ».

Ce plan reste toujours un objectif majeur de la mairie de paris, décidé à multiplier tous azimuts les actions d’accélération de la rénovation énergétique des bâtiments, mais aussi favoriser l’adoption d’énergies renouvelables.

L’éco-rénovation pour réduire l’empreinte carbone

Ainsi Paris s’est fixé pour objectif, l’éco-rénovation d’1 million de logements de la capitale à l’horizon de l’année 2030. La ville de Paris a aussi mis en place de nouvelles règles visant à garantir que 100% des bâtiments neufs construits dans Paris seront à énergie positive et à faible empreinte carbone.

Pour couronner le tout, la ville multiplie les initiatives pour la création d’éco-quartiers neutres en carbone comme celui de Saint-Vincent de Paul.

Les bâtiments durables, notamment ceux qui présentent une meilleure efficacité énergétique ainsi que des toits construits avec des matériaux verts ont un rôle clé à jouer dans la réalisation de cet objectif.

Paris souhaite tout mettre en œuvre pour lutter contre le réchauffement climatique et le bâtiment durable, les murs végétaux et autres espaces verts s’inscrivent dans cette stratégie. Il est évident que cette démarche séduit nombre des habitants parisiens qui souhaitent voir plus de verdure en milieu urbain. 

Des groupes publics et privés se réunissent pour apporter plus de verdure aux bâtiments de la ville et développer des projets d’agriculture urbaine. La maire de Paris a lancé en 2017 la plateforme « Végétalisons Paris », qui vise à introduire davantage d’espaces verts au sein de la ville, dont 100 hectares de verdure sur les murs et les toits.

Des certifications éco-énergétiques pour encourager les logements verts

Il ne suffit pas d’ajouter des plantes aux façades des bâtiments pour qu’ils soient durables. Les entreprises se tournent plutôt vers des systèmes de certification tels que “Habitat et Environnement” qui évaluent la qualité environnementale du bâtiment.

Selon Judith Bursztejn, Directrice de l’agence immobilière Mon Paris Immobilier les vendeurs de biens immobiliers tentent d’obtenir un maximum de certifications pour mieux séduire les investisseurs français et étrangers.”

Cependant, s’il est relativement simple pour les nouveaux développements de se conformer aux normes environnementales, il est plus difficile d’adapter les bâtiments plus anciens. C’est un problème particulier à Paris, comme dans le reste de la France, où les bâtiments sont anciens et où convaincre les propriétaires d’effectuer les travaux nécessaires est souvent un obstacle majeur – surtout pour les logements résidentiels.

De nombreux propriétaires de biens immobiliers anciens ont acheté leur appartement il y a de nombreuses années et ne sont pas toujours motivés à dépenser des dizaines de milliers d’euros pour répondre aux normes actuelles de construction durable“, explique Mme Bursztejn.  

Pourtant l’état a mis en place de nombreuses incitations financières à cet effet. L’état français souhaite passer le cap des 250.000 logements privés rénovés par an grâce à des crédits d’impôt, des éco-prêts à taux zéro et des certificats d’efficacité énergétique.

Il faut néanmoins du temps pour que les propriétaires de bâtiments résidentiels ou commerciaux répondent aux normes modernes de durabilité. En attendant, les pouvoirs publics continuent de se concentrer largement sur les nouvelles constructions.

L’aspect patrimonial des bâtiments anciens de Paris constitue un autre défi. Les autorités locales étant particulièrement strictes quant à la préservation des bâtiments au cœur de la ville, il n’est pas évident de les moderniser en respectant leur authenticité tout en les rendant plus « éco-responsables ».

La multiplication des projets verts en Île-de-France

En réponse à un récent concours visant à “inventer la métropole du Grand Paris”, le projet gagnant proposait un village vertical construit en bois comme porte d’entrée de la banlieue de Rosny-sous-Bois. Par ailleurs, la tour Montparnasse fait peau neuve pour les Jeux olympiques de 2024, avec des plantes sur ses murs inférieurs et un conservatoire au sommet.

À Bercy, des plans sont en cours pour un gratte-ciel de 180 mètres à énergie zéro qui pourrait être l’un des bâtiments les plus durables d’Europe.

D’autres projets poussent le concept de durabilité encore plus loin en créant des éco-quartiers entiers comme le projet Clichy-Batignolles, qui établit de nouvelles normes en matière d’efficacité énergétique et de conception urbaine durable en France.

De tels projets font de Paris un pionnier dans ce domaine, ce qui est tout à fait approprié pour une ville hôte des accords internationaux sur le climat.  Ces projets sont une excellente opportunité de montrer comment Paris peut se régénérer et encourage d’autres villes à suivre le mouvement.