Pourquoi les Français détestent-ils l’administration ?

Résumé: Les Français sont râleurs, les Français sont impatients, j’en passe et des meilleures. Nombreux sont les clichés sur les Français et nous savons tous qu’ils sont souvent assez peu vérifiés. Néanmoins, lorsqu’il s’agit de l’administration française, on se rend vite compte que les nombreuses histoires que l’on attend sur le sujet sont souvent véridiques. Petit recueil de témoignages sur le sujet qui nous aidera à comprendre notre haine envers l’administration.

En guise d’entrée en la matière, prenons ce tweet de @maylinelou qui résume parfaitement cette sensation que nous avons tous eu après avoir passé des heures au téléphone avec une administration sans aucun résultat…

Bureaucratie insupportable, hiérarchies illisibles, impossibilité de parler à une personne qui soit en mesure de répondre à votre question, voilà autant de raisons qui expliquent la relation compliquée entre les Français et leur administration. Mais plutôt que d’évoquer ces vérités malheureuses que nous connaissons tous, nous avons décidé de vous laisser la parole.

Vos pires expériences avec l’administration française

Commençons avec l’histoire de Andrea, arrivé à Paris d’Italie en 2018 pour y travailler :

“Je suis arrivé en France sans parler un mot de français et je me retrouve avec cette tonne de paperasse que même les Français ont parfois du mal à comprendre. Autant vous dire que j’ai passé mes journées sur Google Traduction.

Déclaration d’impôts, ouverture d’un compte bancaire, location d’un appartement, assurance habitation, bref, un enfer. Je pensais m’en être sorti quand on m’a informé que je devais obtenir un numéro de sécurité sociale. C’était la cerise sur le gâteau, mais sur un gâteau vraiment indigeste.

Après avoir essayé sans succès de trouver les informations nécessaires sur les sites du gouvernement français, j’ai commencé à envoyer des emails aux administrations en charge de ce sujet. J’ai finalement obtenu une réponse: il fallait que j’appelle le bureau des renseignements en anglais. Je pensais voir la lumière au bout du tunnel, quelle erreur…

J’ai appelé le numéro en question une bonne vingtaine de fois sans jamais obtenir de réponse. Généralement, j’abandonnais au bout de 30min d’une musique insupportable censée rendre mon attente plus agréable. Finalement, un jour, une jeune femme finit par me répondre, très gentille, à l’écoute, tout était parfait.

Je lui explique mon problème pendant dix bonnes minutes. Elle finit par me couper en plein milieu d’une phrase et me dit “excusez-moi, je suis bourrée, je n’ai rien compris du tout”. Morale de l’histoire, je n’ai jamais obtenu mon numéro de sécurité sociale.” 

Passons désormais à l’histoire d’Anne qui, alors étudiante, a vécu une histoire à dormir debout avec son fournisseur d’énergie :

“En 2012, je reçois ma première facture de régularisation d’énergie. Je regarde le montant et je manque de peu le malaise: je devais 1200€ à mon fournisseur d’énergie alors que j’avais déjà payé 700€ quelques semaines en arrière. Je regarde mon compte en banque et réalise que celui-ci affiche déjà un débit de 1200€, l’horreur.

 J’appelle le service client afin d’expliquer qu’il est impossible que j’ai consommé autant dans un simple studio de 30m². La conseillère, si on peut l’appeler ainsi, ne semblait clairement pas disposée à m’aider et m’annonce qu’elle ne peut rien faire pour moi. Je lui dis alors que je vais faire opposition au prélèvement de 1200€ auprès de ma banque. Ce à quoi elle me répond qu’ils vont donc me couper l’électricité…

Au bout de trois semaines passées à leur envoyer des messages et des lettres recommandées, ils daignent enfin m’envoyer un technicien. Résultat des courses, il s’avère que mon compteur était défaillant et comptait deux fois le montant d’électricité consommé réellement. Mon fournisseur a ensuite mis un an à me rembourser.

Autant vous dire que j’ai changé de fournisseur depuis.”

Des expériences pouvant expliquer la phobie administrative

En France, des milliers de personnes affirment effectivement souffrir de “phobie administrative”. Quand vous entendez cette expression, vous pensez certainement au cas Thomas Thévenoud, alors Secrétaire d’Etat sous François Hollande, qui a plaidé la phobie administrative afin d’expliquer ses impôts impayés. Bien que des cas comme celui-ci puissent discréditer cette phobie pour beaucoup, il s’agit bien là d’une véritable source de souffrance pour certains. 

Pourquoi ne reconnaît-on donc pas la phobie administrative comme une véritable pathologie au même titre que l’arachnophobie ou la claustrophobie ? Chez papernest, c’est la question que nous nous posons tous les jours et c’est précisément là une des raisons de notre engagement.

Finalement, si l’on devait résumer en quelques mots la perception que nous avons de l’administration française et de la paperasse, on pense que @_hattrick_KANE a trouvé les mots justes.

Redactor

Ecrit par Victor Gonçalves

Mis à jour le 26 Nov, 2020