La colocation : bonne ou mauvaise idée?

La série mythique réunissant des amis sous un même toit a fait beaucoup d’envieux par la suite : plan parfait pour les étudiants qui viennent de quitter le cadre familial, arrangement entre potes ou début d’une grande aventure pour resserrer des liens, à priori, il n’y a que des avantages à vivre en colocation. Et pourtant, vous souvenez-vous plus d’épisodes donnant à voir ce côté radieux d’une vie à plusieurs ou de scènes montrant les péripéties beaucoup plus réalistes d’un budget et de papiers à gérer? La colocation met face à des réalités pratiques et les capacités de chacun à pouvoir vivre avec l’autre, parfois en faisant des concessions, alors pour autant, est-ce si simple de donner une réponse manichéenne à la question de la vie en colocation?

De l’émancipation à la précarisation

sous ce titre aux tons peut être dramatique se trouve la différence entre une colocation réussie et un désastre de vie commune. Pour certains cette expérience est une succession naturelle entre leur vie parentale et vie étudiante. D’autres pourtant ne parviennent pas a se détacher des habitudes familiales et prennent des décisions qui mettent en péril la bonne entente entre les colocataires. Dans le cas de personnes déjà impliquées dans la vie active ou une unité familiale déjà en place, comme un couple, les problèmes sont moindres : la maturité et l’expérience face aux difficultés de l’insertion permettent alors de se parer plus efficacement face aux obstacles.

La solvabilité demandée par les règlements du bailleur est bien souvent remise sous forme de caution parentale pour les premiers pas dans une colocation. La belle affaire pour ceux qui voulaient se détacher du sentiment de dépendance vis-à-vis de leurs parents ! Bien souvent le décalage entre le jugement des bailleurs sur l’accès à l’autonomie des jeunes et les possibilités réelles sont ce premier frein : qui, le baccalauréat en poche, peut déjà fournir trois fiches de paye ? L’instabilité financière et expérimentation professionnelle sont rarement pris en compte au début.

Savoir (se) faire confiance

En effet, les chanceux qui peuvent choisir leurs colocataires parmi leurs amis parfois se rendent compte qu’une idylle amicale n’a rien à voir avec un quotidien partagé. Connaître les habitudes de chacun facilite la cohabitation, et fait gagner aussi un peu de temps face à ceux qui ne l’ont pas eu pour choisir des colocataires en passant par des annonces sur internet ou agence. Les moments de rire et joie ne doivent pourtant pas masquer la réalité de l’organisation : tout comme une amitié qui perdure, les gestes quotidiens et les règles de vie commune sont le ciment d’une colocation bien réussie.

La question de la répartition financière

Pour une gestion plus équitable des dépenses du foyer, des colocataires peuvent décider d’ouvrir un compte joint, cette possibilité n’est pas réservée aux personnes en situation de concubinage. Loyer et charges communes peuvent enfin se répartir équitablement : il suffit pour cela de donner une adresse commune avec un justificatif de domicile à l’appui. Chacun peut alors signer des chèques, retirer de l’argent, émettre des virements ou autoriser des prélèvements relatifs au budget commun. On oublie alors le casse-tête pour diviser la facture et les courses! La confiance règne? Attention avec cette possibilité de paiement, les cotitulaires sont tous responsables du compte, avec les aléas de paiement qui peuvent survenir. Les découverts récurrents peuvent pousser tous les cotitulaires dans la fosse de l’interdit bancaire depuis laquelle il est difficile de remonter aisément.

Le contrat de bail

Comme avec tout contrat de bail classique, c’est le document le plus important du dossier. Il est unique et signé entre le propriétaire et l’ensemble des locataires, auquel s’attache une clause de solidarité. Chacun est donc responsable de l’ensemble du logement. Pour éviter tout litige, il est préférable d’établir un contrat de location par colocataire. La loi ALUR en vigueur depuis le 1er juillet 2017 prévoit qu’un contrat de ce type soit publié par décret pour éviter les mauvaises surprises.

Article rédigé par Marie Dovillers