Rédigé par Isabelle Aubailly, pour le magazine Lifestyle by Roxim

1990, La bonne humeur en couleur et en design

Une chose est sûre, dans les années 90, le design est partout. C’est l’avènement de Phillippe Starck et le renouveau de la décoration d’intérieure.

Les marques de télévision, d’électroménager, d’alcool, d’électronique font appel aux designers du moment. Tout le monde inclut le design dans sa conception pour séduire plus de consommateurs, améliorer l’ergonomie des produits, relancer les ventes. Starck déclare : « L’architecture et le design ne m’intéressent pas. Ce qui m’intéresse, c’est le résultat des lieux et des objets que je crée sur la vie des gens »…

Après son succès fulgurant dans les années 80, Philippe Starck explose littéralement dans les années 90. Il est partout, il dessine de tout pour tout le monde : du presse-agrumes au vélo électrique en passant par l’éolienne individuelle. La liste est trop longue pour en faire le tour.

Un groupe de jeunes designers français dont Christophe Pillet, futur collaborateur de Phillipe Starck, prône le minimalisme. Les créateurs cherchent à donner du sens aux objets et bâtiments qu’ils imaginent. 

Les stars des années 90 s’appellent désormais Matali Crasset, Patricia Urquiola, Marcel Xanders, Karim Rashid, Konstantin Grcic, les fères Bouroullec…Rien n’arrête les designers, qui conçoivent des cafés, hôtels, musées, restaurants, boutiques.

Les artisans ne sont pas en reste : des designers tels que Olivier Gagnère favorisent le rapprochement du design avec l’artisanat de qualité. La ministère de la Culture lui-même invite des designers à travailler dans les ateliers et forme de nouvelles générations en ouvrant des écoles de design partout en France.

1997 : Colette ouvre à Paris, c’est l’événement, et il va durer 20 ans : le premier concept-store, diffuseur d’objets design les plus branchés de la planète. Et en 1998, La Redoute, avec les « good goods » bu Starck tente de toucher les plus jeunes et le plus grand nombre : un catalogue de 200 objets du quotidien bons avant d’être beaux ! 

Si le design est partout, la décoration intérieure change de statut et envahit des « espaces à vivre », beaux lumineux, mais aussi souvent plus petits.

La révolution dans les cuisines

Une seule pièce pour tout faire, on peut habiter dans un studio de 20m2, c’est petit mais il faut bien y vivre, y cuisiner, s’y laver et y dormir. Du coup, on se passionne pour le gain de place. La taille des meubles diminue, on découvre les mini tables basses, les petits poufs sur pieds, les meubles casiers empilables pour tout ranger, les petites sellettes ainsi que tous les rangements pour CD, livres de poche etc.

Énorme succès des meubles en kit du géant Suédois, faciles à changer, simples à monter, standardisés et peu couteux. C’est la révolution dans les cuisines ! Les teintes chaudes décorent de nombreux intérieurs. Les techniques de peinture changent, on parle de stuc, de peinture à l’éponge. Cette tendance va d’ailleurs se maintenir pendant une bonne dizaine d’années. Les motifs sont inspirés des graffitis, du street art, avec des couleurs gaies et gourmandes. L’ordinateur compact est beau et coloré, on l’expose au milieu du salon. C’est le règne de la bonne humeur. 

Bientôt apparaît, face à ce débordement de consumérisme, le mouvement new-age, qui redonne au naturel sa place dans les intérieurs, précédant la tendance de fond écologique.

2000 Home Sweet Home

Les années 2000 sont celles du bien-être chez soi. Toutes les générations de 20 à 80 ans ont envie de créer un intérieur où la décoration est personnalisée, confirmant la tendance au repli sur soi, la peur de l’interaction et les discussions par écrans d’ordinateur interposés. 

Le style naturel s’impose avec les meubles en bois, les éléments en pierre, des décors végétaux et les murs peints dans des couleurs douces et neutres. La couleur phare des années 2000 pour une déco maison à la mode est le taupe, une teinte neutre et chaude disponible en plusieurs nuances. Puis les décorateurs d’intérieur délaissent le taupe et misent en 2010 sur des couleurs plus lumineuses comme le rouge framboise et le vert anis, tout en profitant des innovations technologiques avec des matériaux à la fois esthétiques et écologiques, comme les parquets en liège et les tapis en fibre de bambou. 

La famille traditionnelle a éclaté et du coup, on éprouve le besoin de se regrouper. On installe de grandes cuisines ouvertes sur le salon où les enfants font leurs devoirs pendant qu’un parent prépare le repas ou que l’autre surfe sur internet. Lorsqu’on reçoit du monde, on peut prendre l’apéritif tout en cuisinant. Le rouge est très présent avec une base blanche sur les murs, le sol et les plans de travail. Tous les accessoires et les finitions sont en inox pour s’inspirer des cuisines professionnelles. C’est l’avènement des aménagements de placards et tiroirs sophistiqués car cuisiner c’est très tendance.

Minimaslisme et futurisme 

Si le design a enfin pris une place fondamentale et totale (il est partout : dans la ville, dans les magasins, dans l’aménagement d’intérieurs, dans la communication visuelle, dans l’architecture etc…), on retrouve en réalité fondamentalement deux grands styles : le minimalisme et le futurisme exubérant.

Le minimalisme a définitivement pris une place prépondérante, et qui ne semble pas devoir s’achever, dans le design moderne. Atemporelles, élégantes, pratiques et durables, les création minimalistes tiennent le haut du pavé, avec des designers comme Jasper Morrisson, Ora-ïto, les frères Bouroullec. Le beau est épuré, mais attention le clinquant, le sol brillant, laqué sont petit à petit abandonnés au profit des revêtements plus naturels et aux couleurs plus chaudes : parquet, cuisines en bois, canapés en tissu.

Le futurisme c’est Karim Rashid et ses délires graphiques, ouvertement portés vers une récréation originale, unique et futuriste d’objets, meubles et bâtiments. Mais il n’est pas seul. D’une certaine manière, une marque comme Vondom est assez représentative de ce style de design des années 2000 , qui ose les formes atypiques et les créations détonantes.

Notons également l’apparition d’un design « récup » tendance écolo : Piet Hein Eek et ses meubles faits de bois de récupération ; les frères Campana et leurs créations fabriquées avec ce qu’ils récupèrent dans les « favellas ». 

La tendance est au développement durable et à l’écologie. Toutes les marques, ou presque, intègrent d’ailleurs désormais cette composante du design, soit en proposant  des création atemporelles et conçues pour durer, soit en concevant des produits fabriqués en matériaux recyclables/recyclés, voire biodégradables.

Accumulation et personnalisation

Aujourd’hui, en 2020, tandis que nous nous replongeons dans les fifties et les sixties, les lignes redeviennent claires, fines et s’arrondissent, les contrastes colorés sont toujours présents mais plus doux. On mélange le vintage avec des pièces de créateurs actuels et du design « bon marché ». Le style ethnique permet de rapporter de ses nombreux voyages mobilier et suspensions en rotin, masques, portes anciennes ou céramiques. Tout se mélange et l’accumulation des objets est aujourd’hui tendance . 

Depuis plus de 10 ans, les revêtements muraux ont explosés. Toutes les marques comme Pierre Frey, Casamance, Arte, Elitis créent plusieurs collections par an de papiers-peints, panneaux muraux, tissus. La personnalisation de son intérieur est devenue indispensable et la beauté devient presque obsessionnelle. On va dans un lieu d’abord pour sa décoration, que ce soit un café un restaurant ou une chambre d’hôte.

La décoratrice-coloriste Sarah Lavoine représente parfaitement la tendance de ces dernières années : une décoration chic, intemporelle avec des coloris chauds et des objets délicats, comme ses appliques ou tête de lits.

On voit émerger depuis quelques années des jeunes femmes issues de grandes écoles d’architecture, comme Dorothée Meilichzon, qui s’amusent avec passion à développer un nouvel art de la décoration en mêlant l’ethnique, le vintage et les pièces de créateurs.

Ainsi, l’artisanat est sur le devant de la scène aujourd’hui, et les salons de créateurs comme Ob’Art, Carrousel du Louvre dévoilent les savoir-faire à la française et remettent au goût du jour le bel objet.

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