Dans l’hexagone, ce sont près de 24% des émissions de gaz à effet de serre que représente le secteur du bâtiment (selon les données établies par le PREH). Le secteur du bâtiment est d’ailleurs le premier consommateur d’énergie, avec une augmentation de 83% des consommations électriques en 60 ans. Face à ces chiffres inquiétants, la loi de transition énergétique vise à mettre en place des actions concrètes, pour diminuer l’mpact carbone de ce secteur tout en optimisant ses performances énergétiques. Présentation des BEPOS, ces bâtiments à énergie positive.

Le BEPOS, archétype du logement vert

Si pour l’instant, la loi n’a pas encore mentionné de façon exhaustive les différentes caractéristiques des BEPOS, nous savons qu’il s’agit de bâtiments à énergie positive, c’est-à-dire dont la production en énergie excède leur consommation.

La Réglementation Thermique va d’ailleurs imposer que « toutes les constructions neuves faisant l’objet d’une demande de permis de construire déposée à compter de la fin 2020 présentent, sauf exception, une consommation d’énergie primaire inférieure à la quantité d’énergie renouvelable produite dans ces constructions, et notamment le bois-énergie » (selon la loi 2009-967). Dès janvier 2021, les bâtiments à énergie positive permettront, entre autres, de moins chauffer l’hiver et de garder la fraîcheur à l’intérieur durant les périodes de canicule.

Les particuliers, principaux acteurs à l’origine de la demande de production immobilière en France trouvent dans le BEPOS de nombreux avantages qui jugulent le surcoût potentiel induit par ces nouvelles normes de construction : pour habiter dans un logement neuf ou bien réaliser un investissement locatif, l’acquéreur d’un bien neuf BEPOS verra la facture énergétique du logement fortement diminuer et la qualité d’habitabilité augmenter. Les investisseurs bénéficieront aussi de charges réduites avec la généralisation des consommations des parties communes réalisée en autonomie par les nouveaux bâtiments dôtés de panneaux solaires.

BEPOS et rénovation à Nantes

Le ton semble être donné, concernant les performances énergétiques, pour les constructions neuves. Mais qu’en est-il des bâtiments anciens ? La solution devrait résider dans des rénovations mises en place par des architectes et des spécialistes. Le point central pour consommer moins : l’isolation. Mais les bâtiments à rénover donnent souvent du fil à retordre aux professionnels du milieu.

Ce fut le cas lors de la rénovation d’un ancien café-billard de près de 800 m² sur l’Île Nantes. Loin de céder à la facilité en rasant la structure pour la reconstruire, les architectes ont su s’adapter aux contraintes du bâtiment, tout en révélant son potentiel. En alliant différents savoir-faire, il a ainsi pu être entièrement isolé de l’intérieur, par le biais de panneaux isolants sous vide. Hébergeant aujourd’hui des bureaux, le bâtiment MC2 a été restructuré et optimisé en termes de consommation énergétique. Il est aujourd’hui inscrit au Petit Patrimoine industriel nantais.

Atypique et réussi, ce projet qui atteind une performance énergétique deux fois supérieur à la RT2012 aura servi de pilote pour la rénovation de bâtis anciens en BEPOS. La Cité des Ducs de Bretagne n’en est pas à son coup d’essai avec le BEPOS : déjà en 2015 se tenait à la Cité des Congrés un colloque d’envergure organisé par Effinergie et Enerplan intitulé « vers 100% BEPOS en 2020 ». Aujourd’hui, le BEPOS est principalement porté par les grands acteurs de l’immobilier neuf nantais qui déjà développent des ouvrages conformes à la future RE2020.

Une école à énergie positive à Rennes

A Rennes, c’est une équipe conduite par l’architecte Bruno Mader qui a été choisie en juillet par un jury, pour la mise en place d’un groupe scolaire à l’horizon 2023. La future école primaire devrait voir le jour dans le récent quartier de Baud-Chardonnet, à l’est du centre-ville. D’un point de vue esthétique, la façade bénéficiera de matériaux brut tels que du bois et des briques.

Pour le reste, le bâtiment devrait correspondre aux normes BEPOS, puisqu’il s’agira dans son ensemble d’une structure HPE (à Haute Performance Environnementale). L’éclairage naturel sera mis en avant, tandis que l’isolation sera optimisée et la végétalisation mise à l’honneur. Grâce à des panneaux photovoltaïques postés sur son toit, l’école pourra par ailleurs produire de l’électricité.

Des radiateurs-ordinateurs à Bordeaux

En Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux n’est pas non plus en reste en termes de BEPOS. La commune a ainsi décidé d’innover, avec une première mondiale : une construction neuve, la résidence Florestine, va pouvoir être entièrement chauffée grâce à des ordinateurs. N’avez-vous jamais remarqué à quel point les ordinateurs et leurs processeurs produisent de la chaleur ? Certains ont révélé de ce fléau le véritable potentiel.

C’est Qarnot Computing qui a réfléchi au projet, après l’avoir déjà expérimenté à Paris, dans un immeuble réhabilité. La jeune société a donc fourni des appareils, moyennant 891 000 euros tout de même (2 700 euros par machine), pour convertir la chaleur habituellement gaspillée des ordinateurs, en chauffage pour des appartements. Depuis 2015, le bailleur social Gironde Habitat, ainsi que le Conseil départemental de la Gironde, avaient commencé à se pencher sur cette technologie à la fois maligne, révolutionnaire et écoresponsable. Localisée dans un ensemble totalement repensé, la résidence Florestine a ainsi obtenu le label BEPOS. L’ensemble du projet a pu être financé par le biais d’aides du Conseil départemental et de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe). L’entretien, quant à lui, sera assuré par Qarnot Computing.

Une véritable aubaine pour les futurs occupants des lieux : ils n’auront à prévoir ni frais de chauffage, ni abonnement internet, puisqu’un accès gratuit à la wifi leur sera assuré.

A Bordeaux, à Nantes ou encore à Rennes, ces différents projets montrent à quel point les bâtiments à énergie positive sont prometteurs. Qu’il s’agisse de logements anciens ou de constructions neuves, nous pouvons nous réjouir que ce type de bâtiments se multiplient peu à peu, jusqu’à devenir la nouvelle norme.

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